Du 13 au 15 Décembre 2002 ( précédente édition 13 au 18 novembre 2000) se déroulera le festival du Nguon à l'ouest du Cameroun. Ce festival traditionnel est très riche en couleurs et a pour cadre une des plus vieilles dynasties ouest-africaines : la dynastie bamoun avec son sultan, Chief Mbombo Njoha, qui a succédé à son père en 1992.
Durant la fête du Nguon, le peuple bamoun et le sultan se remettent en question.palais sultan foumban

Le Nguon

Autrefois fête traditionnelle TIKAR organisée annuellement pour arranger les problèmes de la terre le NGUON fait partie des us et coutumes implantés en pays BAMOUN par NCHARE-YEN au cours des cérémonies(rituels, libations) patronnés par des chefs et cheftaines des tribus, l' on sollicitait la sagesse des esprits et des ancêtres pour bannir les conflits des hommes et réaliser l'harmonie au sein des différents groupes sociaux.
Evénement majeur de la société BAMOUN,la tradition séculaire du NGUON confirme une soif populaire de paix, de communication et de démocratie. C'est également une école de vie où se forgent la créativité, l'identité, la personnalité et l'unité du peuple BAMOUN (fête du partage, le NGUON se veut un temps fort d'unité autour des objectifs communs d'unité et de rassemblement).Musiciens Fête du Nguon
Le NGUON fut permanent de 1394 à 1924. Après son interdiction en 1924, il fallut attendre le règne du roi NJIMOLUH SEIDOU NJOYA pour opérer un retour timide mais salutaire en quatre éditions(1958,1963,1976 et 1985). Ce retour sera définitif avec sa majesté EL HADJ IBRAHMI MBOMBO NJOYA qui en fait les assises traditionnelles et systématiques qui, tous les deux ans rassemblent le peuple BAMOUN de l'intérieur et de la diaspora comme pour marquer un temps dans les courses et autres combats individuels. C'est un espace et un temps pour jeter un coup d'Sil rétrospectif, s'interroger, faire son autocritique et repartir sur des bases plus sûres à la conquête d'un avenir plus prospère."

Le Peuple bamoun a connu 19 souverains qui ont régné sur le Royaume ou Sultanat Bamoun ; en tant que Chef coutumier et religieux, le Roi gère les affaires du Royaume en parfaite harmonie avec les autorités administratives locales.

La Dynastie Bamoun

NCHARE YEN

1394 1418

NGOUOPOU

1418 1461

MOUJOU

1461 1498

MENGAP

1498 1519

NGOUH I

1519 1544

FIFIEN

1544 1568

NGOUH II

1568 1590

NGAPNA

1590 1629

NGOULLOURE

1629 1672

KOUOTOU

1672 1757

MBOUONMBOUO

1757 1814

GBEINKOM

1814 1817

MBIEKOU

1817 1818

NGOUHOUO

1818 1863

NCHETFON

30 minutes

NSANGOU

1863 1889

NJOYA IBRAHIM

1889 1933

EL HADJ SEIDOU NJIMOULUH NJOYA

1933 1992

EL HADJ IBRAHIM MBOMBO NJOYA

1992 en cours


Le Roi MBOUONMBOUO fut le onzième roi de la dynastie ; la légende en a fait un géant doté d'une force herculéenne ; il fortifia la ville de Foumban et résista à l'invasion Foulbé ; par la suite, il fit la guerre à 48 Chefs et refoula les Bamilékés et les Tikars venus du nord : le Royaume délimita ainsi ses frontières aux rives des fleuves Noun, Mapè et Mbam.

Portrait du Roi MBOUONMBOUO

MBOUONMBOUO était un géant capable de poser les bras sur la toiture de son Palais ; sa tête énorme avait une excroissance de chaque côté du front, son nez trop lourd tombait sur sa lèvre , son cou était très long et son nombril creux. Il avait des joues très enflées et un corps très velu.

Comme il souffrait de douleurs diverses, il était souvent allongé sur son lit pour recevoir ses invités mais lorsqu'il se levait, tout le monde fuyait.
Lorsqu'il parlait d'un ton modéré, sa voix portait à plus de deux kilomètres mais lorsqu'il criait on l'entendait à plus de deux kilomètres à la ronde.

Portrait du Roi NOYA

Il est le 17è de la dynastie et accéda au trône à 15 ans.Le roi NJOYA
Véritable génie, il demeure pour toute l'Afrique noire une figure originale.
Autoritaire, ambitieux, curieux, imaginatif, il inventa l'écriture et la langue SHÜMON qu'il vulgarisa dans les écoles créés par ses soins. Il permet ainsi la codification et la conservation de l'histoire et de la tradition bamoun dans un ouvrage qui a valeur d'anthologie.

Le souverain excella également dans l'art : à l'occasion d'un voyage à Buéa, il fut impressionné par la luxueuse villa du gouvernement allemand et fit édifier dès son retour un Palais, véritable chef d'oeuvre architectural dont il élabora lui-même les plans et supervisa les travaux.Le roi de Foumban, le Sultan Ibrahim Mbombo Njoya
C'est un Palais unique dans tout le Cameroun qui abrite aujourd'hui les services de l'administration royale et le Musée Royal. Le Roi grand amoureux des Arts et des Lettres est à l'origine de l'Islamisation du royaume à l'issue duquel il prend le titre de Sultan que porteront désormais ses successeurs.
Il est déposé en 1923, meurt en exil suite à sa déportation à Yaoundé par l'administration coloniale française.

Portrait du Roi MBOMBO NJOYA

EL HADJ IBRAHIM MBOMBO NJOYA est depuis 1992 le 19ème souverain de la dynastie bamoun. Mais c'est d'abord un personnage hors du commun, un haut cadre de l'état ayant occupé de très hautes fonctions dans l'administration camerounaise pendant plusieurs années.

Il s'est assigné pour principale mission la réconciliation du peuple avec lui-même, en le soudant autour de sa culture et tradition. C'est ainsi qu'il s'est attaché à relancer la grande fête du Nguon qui relie le peuple bamoun du terroir et de la diaspora.

 

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